28 novembre 2018 - Du "prêtre aîné"…

 

"Prêtre aîné" ! Je suis un "prêtre aîné" ! Belle et gratifiante formule, qui pourrait laisser croire que, dans cette grande famille qu'est le Presbyterium diocésain, les aînés, sous le regard du père, veillent sur les plus jeunes et les encouragent ! Mais, en fait, ces "prêtres aînés" sont des "prêtres de-funts" (de-functi = qui ont cessé leur fonction).

Dans notre monde, chacun a besoin, pour exister, de se sentir reconnu socialement. Le prêtre comme tout un chacun. Pendant la durée de sa vie active, il s'inscrit dans une société fondée sur la production et la consommation, et sur le profit qui en découle. Producteur de biens immatériels, responsable aux multiples casquettes, animateur, dispensateur de biens spirituels, c'est cela sa raison de vivre, qu'il réalise par des rencontres, la participation à des réunions, à des Conseils, à des Commissions, l'organisation de Liturgies, de Pèlerinages.

Jusqu'au jour de la retraite, où cesse la vie active. Et la reconnaissance sociale qui va avec. Certes, il est toujours "Père Untel", mais on n'a plus vraiment besoin de lui, que pour quelques services ponctuels. Il est un retraité parmi les millions de retraités de notre pays, ni plus ni moins. Comme tous les retraités, pendant de multiples années, il a investi toute sa vigueur, toute sa créativité, tout son charisme, dans son métier (= ministerium = ministère). Et, tout d'un coup, sans que ce soit la faute de personne, simplement parce que c'est comme cela, il se retrouve sur le bord du chemin, à regarder passer la caravane ! Comme tous les retraités, s'il a encore des forces et de l'inventivité disponibles, il peut s'investir dans une Organisation, à titre bénévole. Mais, l'Eglise ne lui propose plus rien. Pas plus que la Société civile ne propose quoi que ce soit aux autres retraités.

Ou plutôt, l'Eglise lui propose de devenir l'homme de la prière, puisqu'il a du temps disponible. Comme s'il ne l'était pas déjà !

L'Eglise est dans la Société globale. Je reconnais qu'elle fonctionne quelquefois mieux que la Société globale (je pense notamment à la rétribution de ses prêtres). Je milite depuis des années pour la reconnaissance sociale des Anciens. Pour qu'ils soient considérés comme des sujets, et non comme des objets passifs de la sollicitude des actifs.

Le "prêtre aîné", même s'il est "de-functus", reste néanmoins prêtre, alors que le boulanger cesse d'être boulanger, puisqu'il ne fabrique plus de pain. Le "prêtre aîné" est porteur de toute une histoire, et en particulier de l'histoire de son diocèse, que l'Evêque et les prêtres plus jeunes, n'ont pas vécu, mais qui ont fait que les choses sont ce qu'elles sont.

Pourquoi donc ne pourrait-il pas participer aux instances pastorales paroissiales (EAP, CPP, Réunion des Prêtres) ? Son expérience, son âge, sa sagesse pourraient être utiles.

Pourquoi ne pourrait-il pas avoir une responsabilité pastorale ou liturgique vis-à-vis des personnes âgées de sa paroisse, ou de son Unité pastorale, surtout dans ces paroisses où les Anciens sont plus nombreux que les Jeunes?

Pourrait-on envisager que l'Evêque réunisse les "prêtres aînés" une ou deux fois par an, en "Conseil des Anciens", pour recueillir leurs avis ?

Jean-Paul BOULAND

Cher Père NOEL,

J'ai bien failli ne pas t'écrire, parce que des copains m'avaient dit : " C'est pas vrai, le Père Noël, il n'existe pas !". Et puis, Adeline, qui a cinq ans m'a dit l'autre jour : "Mais bien sûr qu'il existe, sinon comment les petits enfants auraient des cadeaux à Noël ? Ca ne serait pas vraiment Noël ! " Alors voilà, je t'écris.

Je n'ai rien de spécial à te demander pour moi : je suis grand, j'ai déjà plein de choses, ce n'est donc pas la peine de te déranger pour moi. Mais j'ai beaucoup de choses à te demander pour les autres. Prends-en bien note…

On m'a dit que dans certains pays, on donne des vrais fusils, et des vrais pistolets-mitrailleurs à des enfants, et qu'on les oblige à faire la guerre et à tuer. Quelquefois même on les drogue, et on les oblige à torturer les gens avant de les tuer. Si, si, c'est vrai, je te le jure. Je pourrais te citer des pays où c'est comme ça. C'est triste, et surtout c'est atroce, parce que ces enfants-là, ils ne pensent même plus à jouer. Alors, si tu peux, porte-leur une belle peluche, ou un beau ballon de foot, pour qu'ils puissent jouer comme moi, et être quand même un peu heureux.

J'ai lu aussi dans les journaux, et on en a aussi parlé à la radio et à la télé, qu'il y a des grandes personnes, ici en France, mais aussi ailleurs, qui font du mal exprès aux enfants. Ou bien encore, il y en a d'autres qui forcent les enfants à faire des choses qui sont mal, et les enfants qui font ça, après ils sont tristes. Pour eux, je te demande une chose : tu dois bien connaître Jésus, toi qui es bon, puisque tu n'apportes que des cadeaux, à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance. Alors, demande-lui s'il peut faire quelque chose pour changer un peu l'esprit des gens qui font du mal. Et pour que tu aies plus de chances de réussir, dis-lui que, moi aussi, je vais lui demander la même chose dans ma prière, tous les soirs avant de me coucher. Comme cela, en s'y mettant à deux, on aura plus de chances de réussir.

Et puis j'ai vu aussi à la télé, qu'il y a des enfants qui sont délinquants. Des enfants qui volent des choses aux autres, ou qui les battent, ou qui brûlent des voitures devant les immeubles. Ces enfants-là, il y en a qui n'ont pas de parents; il y en a aussi dont les parents ne s'occupent pas; il y en a encore qui font cela parce que leurs parents les forcent; il y en a aussi qui font cela parce qu'ils pensent que personne ne les aime; ou bien parce que la police les embête tout le temps. Je ne sais pas ce que tu peux faire pour eux, parce que c'est pas facile. Mais moi, moi qui n'ai jamais brûlé de voiture, ni agressé personne dans la rue, je te promets que je vais essayer de ne pas faire de mal exprès aux autres, et de les respecter. Parce que, si je veux qu'on me respecte, il faut que je respecte les autres. C'est normal !

Et puis il y a les enfants qui ont des parents séparés, ou divorcés, qui se disputent. Ces enfants-là sont malheureux. Est-ce que tu pourrais avoir une idée pour que leurs parents essaient de faire la paix entre eux pour la fête de Noël ?

Et puis, toi qui, chaque année, gâtes les petits enfants, pourrais-tu t'occuper de la grand'mère de ma copine Maria, qui souffre de ne plus voir ses petits-enfants ? Son plus beau cadeau serait d'avoir la joie de les entendre, de les voir et de les serrer dans ses bras. Père Noël, si tu entends ma prière, envoie-lui un peu de poudre de bonheur et cette grande joie.

Et puis, il y a mon copain Julien qui ne peut pas t'écrire. Il ne parle pas, il ne marche pas. Il est malade. Sa maman a dit à la mienne qu'il a une trisomie 18, celle qui est plus grave que la 21. Elle est malheureuse car elle est seule avec lui, et je sais qu'elle demande un miracle:  elle voudrait qu'il lui dise ce mot magique : maman !

Enfin, il y a tous les enfants malades, chez eux, ou à l'hôpital, ou dans des Centres spécialisés. Pour eux, je ne te demande rien, parce que, moi, je vais essayer de voir avec mes copains ce qu'on peut faire. Le Père Noël, ce sera nous ! On leur portera des jouets à nous, qui sont encore en bon état, pour que, malgré tout, ça soit Noël pour eux aussi. Et on leur dira que c'est toi qui les a apportés chez nous : c'est pas vraiment un mensonge, ça ?

C'est tout, Père Noël. J'arrête ici ma lettre. Je compte sur toi pour tout ce que tu pourras faire. Et je t'assure que tu peux compter sur moi, pour que le monde soit un peu plus beau, et qu'il y ait un peu plus de bonheur et de paix là où je suis. Parce que, je me souviens que, lorsque Jésus est né, les anges chantaient : Gloire à Dieu au plus haut des cieux. Et Paix sur la terre aux hommes qu'Il aime.

Et je voudrais que, cette année, ce soit vrai…

 

p.c.c Jean-Paul BOULAND